Et quand maman perd pied on fait quoi? 

"Il refuse de lire, on se cherche, la petite est jalouse de l'attention, elle s'en prend au grand, ils se bagarrent toute la journé, la lessive prend du retard, la paperasse s'empile, maman en perd son latin et papa en prend pour son grade à peine il passe la porte...."

 

"On s'engueule sans arrêt, il ne veut rien faire. J'en peu plus."

 

"Mon médecin me dit de les remettre à l'école, mais c'est le seul truc qui va. Ils sont moins stressés mais moi je suis à bout" 

" Chez toi ça roule tout seul, tes enfants sont géniaux, tu es une superwoman, mais moi je ne suis pas à la hauteur. Je m'en veux tellement de ne pas y arriver..."

Elle est loin de la vie de rêve, sans stress avec des enfants souriants, épanouis qui lisent tranquillement sur le canapé après avoir rangé leur chambre et finit le dossier de conjugaison dans une belle maison bien rangée avec une mama détendue et un papa qui bricole avec le petit dernier.... Et pourtant c'est souvent le cas des famille qui démarrent. Les mamans (c'est valable pour les papas évidemment, mais honnêtement c'est jusqu'ici toujours les mamans qui débarquent épuisées et parfois en larme chez moi) les mamans donc sont des spécialistes des blogs, sites, Vlogs et autres machins chronophages du web qui semblent ne faire rien d'autre que de leur montrer une fois de plus qu'elles ne sont pas à la hauteur. Des idées à la tonnes, des livres, des fiches, des projets en veux-tu en voilà, mais "il refuse de travailler".

STOP

Je vais te faire un aveux, j'ai aussi des jours où rien ne va. J'ai souvent perdu mes moyens, mon calme, ma reserve.... et si j'en parle pas souvent, c'est que c'est pas dans ces moments là que je pense à ma page facebook.  C'est pas que je ne veux pas que tu le voies. C'est juste que je suis occupée avec ma familles, mes frustrations et que du coup sortir mon tél ne me vient même pas à l'esprit. Ca m'arrive encore. Moins souvent qu'avant, mais encore...

Je peux aussi te dire qu'après plus de 11 ans de cette aventure, j'ai eu l'occasion d'apprendre beaucoup et souvent de mes erreures. J'ai aussi la chance d'apprendre des familles qui m'entourent et de celles que j'accompagne. Et tu sais quoi? bah le problème en général c'est les adultes pas les enfants!! Si. 

Tellement souvent les mamans qui débarquent chez moi au bout du rouleau ont plein d'idées, des tonnes de trucs mis en place, des fiches en stock, des livres commandés partout et elles ont explosé le budget et....ces horribles petit monstres osent ne pas vouloir consciencieusement remplir ces joyaux de pédagogies préparé une maman aimante et motivée...  Pire, ils s'en fichent. Ils refusent, mettent les pieds au murs, se bagarrent ou rigolent entre eux. Évidemment ils n'apprennent rien comme ça.... 

Vraiment?

En fait experiences faites encore et encore et encore, bah c'est pas comme ça que ça marche. Tu vois, si tu as changé de système c'est souvent que l'école à l'école, le truc scolaire ou on fait des fiches, bah ca ne marchait pas pour ton lutin. Du coup c'est pas de ramener l'école à la maison qui allait améliorer la situation! C'est toi que tu rassures avec tes fiches. Éventuellement ta belle mère ou tes voisines hyper critiques, mais pas tes enfants. 

Un enfant qui à accès à de la nourriture va manger. Un enfant qui peut accéder à de l'eau va boir et aussi étrange que ça puisse paraître, après avoir appris à manger seul, à marcher, à s'habiller, à parler... bah il va continuer à chercher à devenir un spécimen adulte fonctionnel de son espèce. Du coup si tu l'accompagnes sans forcer le truc, que tu racontes des histoires, que tu es assise dans le canapé à lire, que tu cuisines, etc... il va vouloir le faire aussi. Promis. S'il joue aux lego, au playmo, aux voitures, à cache cache il apprend. Il recrée des situations de la vie dans son jeu. Les sciences cognitives sont claires: on apprend en jouant. Il faut de la motricité fine pour jouer. On apprend beaucoup de concept de math, de sciences en empilant des kaplas, en faisant des cabanes avec les chaises du salon - ne serait-ce que la gravité ;)

On peut trouver des occasion de lire et d'apprendre à décoder partout ailleur. On peut apprendre à compter en jouant à cache cache, en allant faire des courses... On doit apprendre a lire et à compter. Certe. Mais on doit apprendre tellement d'autres choses aussi! Va imprimer la checkliste simple pour ton lutin fait le point sur ce qu'il sait avec lui. Tu verras que tu as de la marge et que c'est le moment de faire d'autres trucs! 

Chez les plus grands, ceux qu'on a du sortir en urgence de l'école - et je vous bassine avec ça  quand vous me téléphonez en panique- il faut du temps et de l'énergie pour se réparer émotionnellement. Un enfant qui lit est un enfant qui fait du français, (vocabulaire, syntaxe, grammaire...) et qui approfondit ses connaissances générales. Et ca peut prendre des mois. Vraiment. Ca ne veut pas dire qu'il faut les ignorer et les laisser passer la nuit sur internet. On peut discuter ensemble d'un cadre adéquat, des sorties, des coup de mains à donner à la maison pour faire partie de la "société-famille", des centres d'interets, des projets, d'un temps de repos, on peut découvrir Khan academy, aller rencontrer d'autres ado IEF, faire des stages, regarder des films en allemand, faire le plein de documentaires, de visites, prévoir un voyage... mais on est pas obligé de se coltiner des fiches tout de suite. Prend le temps de redécouvrir ton ado, de lui donner de l'espace pour s'exprimer, pour se trouver, pour aborder des questions existentielles, la politique, la philosophie... il progressera beaucoup plus et surtout il n'y a pas que le français et les math à répétition dans le PER. 

Resspire maman. Tu fais de ton mieux. Ne reste pas seule avec tes craintes. On est beaucoup dans le coin. Viens nous rencontrer, discuter, échanger. Tu verras qu'un regard extérieur est souvent le bienvenu. Qu'on est aussi ouvertes d'esprit et dans la bienveillance même si on est chacunes différentes. Qu'on partage beaucoup de tes craintes, angoisses, qu'on est peut être aussi passée par là, qu'on a toutes nos histoires. No réussites, nos échecs, nos victoires!